A la recherche du trait, comme un lien avec la nature ou l'environnement.

La nature du trait



Pour cet atelier sur le trait, ouvert depuis 2003, ce sont le ruisseau, le torrent et la rivière qui sont questionnés.
Les lignes de plus grande pente réunissent les eaux. Chargée de matériaux cette eau descend des montagnes et trace son trait dans le paysage. Ce trait est aussi reporté sur les cartes.



Carte actuelle représentant les traits d'écoulement du versant

Sur les berges de la rivière, je synthétise ce mouvement en proposant à la rivière une bout de bois dans son courant. Sur la berge une pierre, ou ici une branche ; entre les deux un lien, ici une cordelette.

Traits tirés par la rivière avec un "pinceau" tiré par un flotteur "tracteur".

Le courant prend le flotteur et entraine branche ou caillou sur le sol en traçant le résultat de cette traction par un trait marqué au sol.

Traits tirés par la rivière sur 3 terrains différents

Bien sûr le trait s'oriente globalement de l'amont vers l'aval, mais varie suivant la nature du support. Plus profond dans le sol meuble, il est dévié par les pierres qu'il contourne. Le trait varie aussi en fonction de la taille et de la nature du "tracteur", de la force tractrice du courant et de la phase d'écoulement, fluide ou torrentiel.

Traits tirés sur papier de la période 2004-2008. Eau, végétal, terre, traction.

Ce qui ressort finalement c'est la permanence d'une recherche d'équilibre dynamique qui provoque les déplacements, les réactions et par conséquence, les formes. Ces phénomènes se retrouvent à l'échelle d'un massif, d'un versant, mais peuvent aussi être abordés à moindre échelle. Pour cette phase de recherche, je choisi de me cantonner à ma propre échelle d'énergie individuelle, ce qui induit un espace et par conséquence des volumes et donc un format. Ce choix d'échelle ne peut traiter du paysage que par similitude , mais favorise la sensation de présence des éléments par les corps-à-corps que le travail impose et que les résultats offrent au regards, sur les toiles par exemple. La confrontation physique aux éléments apporte par ailleurs la sensation d'une émergence d'esprit de travail industriel ou agricole élémentaire.

Les "reynolds", rapports qui mis en équilibre provoquent des mouvements permanents, curieux, variés et autonomes en résonances constructives.

La résonance est, de ces équilibres dynamiques, le plus remarquable, le plus fécond mais aussi le plus difficile à créer. Souvent utilisée en musique, comme avec les cordes dites « sympathiques » de la « viole d'amour », soigneusement accordées, mais que l'exécutant ne touche jamais et qui entrent seules en vibration le moment venu.

Accord de base et tessiture de la viole d'amour

Accordage du pinceau

Si ce rapprochement peut se faire, on peut alors dire que les cordes qui relient le "pinceau" à la nature sont accordées avec l'environnement et entre elles pour rentrer en "sympathie", et que le "pinceau" (que je n'irai pas j'usqu'à dire "d'amour") produit le trait sans autre jeu que son accord, comme les cordes sympathiques de la viole d'amour produisent leur son sans être frottées, mais simplement par sympathie avec leur environnement sonore, par résonance.

Accords

C'est donc en créant une composition harmonique de forces choisies , captées dans le courant et mises en résonance que le pinceau est guidé dans les trois dimensions de l'espace, pour aboutir aux traits qui forment le tableau. A ce stade, "l'encre" sera l'eau de la rivière, ensuite matérialisée selon l'environnement.

Trait matérialisé

Si la composition est "juste", les mouvements qui apparaissent et par suite les formes qui en résultent sont en lien avec le site, ce qui peut se comprendre. Ce qui est plus troublant, c'est leur lien avec nous, comme si par cette fenêtre, il avait été possible de rompre un peu de la limite entre le nous et le non nous.

Ainsi, sans interventions directes apparaissent :

Comme une écriture


Comme un signe


Comme un dessin

La mise en résonance d'éléments naturels et leur composition harmonique aboutit à des mouvements et à des formes qui pourraient paraître magiques et qui , à leur tour, semblent entrer en résonance avec une partie de nous-même.

Avec la rivière . fev-mars-avril-mai 2017

Ce travail se poursuit actuellement, et la série des toiles Avec le torrent s'enrichit :
Ces quatre toiles 1,70m X 1m, sont des compositions obtenues à partir de 4 différentes harmonies entre les mouvements résultants de 2 bouts de bois, un fourchu, l'autre plus long et plus droit placé plus bas, donnés au courant de l'eau de l'orage de la veille et mis en résonance avec 2 branches du plus gros sapin de l'île et le sommet du plus petit. L'encre a d'abord été l'eau de la rivière, puis matérialisée avec le noir du bois brûlé l'hiver et enfin fixée pour être conservée.
Avec la rivière 1. fev-mars-avril-mai 2017

Avec la rivière 2. fev-mars-avril-mai 2017

Avec la rivière 3. fev-mars-avril-mai 2017

Avec la rivière 4. fev-mars-avril-mai 2017


Jacques Dégeilh. Juin 2017



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Jacques DEGEILH
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